Une française au pays des sables

28 septembre 2012

Le voyage continue...

... et pour moi, cela se passe ici : http://ninouneenvadrouille.blogspot.com/ !

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05 décembre 2006

Photos !!

Suite à quelques remarques, j'ai pris note des réclamations et j'ai ajouté des photos pour agrémenter mes albums... Promis, je continuerai à les charger en souvenirs, alors gardez y un oeil ;) !

En attendant, bienvenue à la fête de l'Aïd, édition 2005, afin d'illustrer mon récit posté il y a de cela plus d'un an déjà !! Et je vous présenterai à mes cousins forgerons [album les forgerons] qui vous proposeront leur plus belles pièces d'argenterie... Bon voyage !

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02 décembre 2006

Souvenir de ma première résidence iférouanaise

Une question récurente qui m'est posée est : mais comment tu logeais quand tu étais au Niger ? où tu dormais ? Pour y répondre en partie, j'ai récemment retrouvé une description que j'avais écrite au début de mon séjour, alors que je résidais chez mon maître de stage et premier adjoint au Maire M. Houma. En la retranscrivant en format informatique, de nombreux souvenirs me sont revenus, et je pense que, quoiqu'un peu rébarbative par moment, cette description reflète bien mes conditions de vie à mon arrivée à Iférouane : observation, lenteur, isolement. Par la suite, tout a bien changé, mais il a fallu savoir se faire apprivoiser par ce nouvel environnement et s'y intégrer...

Ma piole

C’est une petite chambre construite de briques de terre d’approximativement 15m². Je dis bien approximativement, car je n’ai jamais été douée pour évaluer les distances et les espaces, et j’ai estimé la surface au nombre de mes pas irréguliers bien loin de la mesure métrique. Une porte de tôle ondulée bleue en ouvre l’accès. Elle ne ferme pas et se permet même de grincer quand le vent la titille. Alors je la maintiens ouverte en la bloquant avec une planche de bois, et tente de la fermer quand je pars en vadrouille en la tirant fort pour qu’elle se coince, souvent en vain…

A ses côtés est percée une petite fenêtre bleue également, de tôle pareillement, mais prête à tomber et hasardeusement maintenue en place par un seul des deux gonds. Je la maintiens ouverte le jour en la soutenant par un morceau de bois, histoire de faire rentrer le peu d’air qui me donnera une douce illusion de fraîcheur. En effet, la température intérieure atteint des records, mais au moins je me dis que cela fera fuir les scorpions qui préfèrent la fraîcheur.

Au sol, c’est de la terre poussiéreuse et du sable grossier. Mais j’ai la chance de disposer du revêtement local et la majeure partie de mon parterre est recouvert de nattes : une grande, une moyenne et une petite. Et comme s’asseoir ou s’étendre sur une natte chaude rend malade (Alhassan n’arrêtait pas de me le répéter !), je dispose également de couverture (au nombre de deux) à étaler par-dessus. Comble du luxe, j’ai aussi un matelas que je place perpendiculairement à la porte, contre le mur qui lui fait face. Ainsi, quand j’écris, je lis ou me repose, j’ai vu, dès que je tourne la tête vers la droite, sur Aïchatou qui prépare le repas dans la cuisine et sur les gens traversant la cour pour rendre visite aux propriétaires des lieux.

Côté mobilier, directement en entrant sur la droite se trouve un grand bureau de bois blanc aux longues pattes métalliques, avec même deux tiroirs pouvant être fermés à clef, à défaut de ma porte d’entrée ! Comme il n’y a pas de chaise, il ne me sert pas à grand-chose en fait, si ce n’est à poser mes affaires de toilette. A gauche, toujours en entrant, contre le mur sous la fenêtre se trouve ma deuxième pièce de mobilier, une petite table basse où j’ai entreposé livres et cahiers. Une grosse guêpe rouge l’a trouvée bien à son goût et en a profité pour construire son nid (en terre tant qu’à faire, pour ne pas détonner avec la décoration) juste sous la tablette. Elle vient y trafiquer durant la matinée puis part traîner la journée durant je ne sais trop où, elle ne m’en tient nullement informée.

Parmi mes autres colocataires, il y a aussi un lézard couleur sable à l’air hagard qui aime s’amuser à grimper à toute vitesse le long du mur puis à effectuer un saut périlleux le faisant rebondir sur mon sac ou ma poubelle, c’est selon. Puis il y a l’ami moustique qui squatte étrangement toujours le même endroit : le pied du matelas… Dès que j’y mets la tête, il vient me saluer du bruit strident et stressant de ses battements d’ailes. Pour finir, il y a ces multitudes de mouches, agaçantes petites bêtes qui me tapent sur les nerfs, bourdonnant sans se fatiguer du matin au soir.

Contre les murs sont fixés des morceaux de bois plantés de clous faisant office de porte-manteaux. J’y ai accroché mes fringues, tuniques et pantalons décorant ainsi un peu plus ma chambre, et le sac de laine multicolore crocheté que m’a offert Alhassan, afin d’égayer l’ensemble. De même, pour le garder de l’offensive des fourmis, j’y ai suspendu mon pochon « p’tit déj’ » contenant fruits des jardins et les fameux biscuits « casse croûte », compagnons indispensables des sorties en brousse ! La bouillie de mil et de lait mélangés me rendant malade, il m’a bien fallu trouver une alternative pour me nourrir le matin…

Tous les soirs, je sors mon matelas pour le poser sur un sommier à ressort placé contre le mur, sous la fenêtre. Eh oui, je dors tous les soirs dans un lit, un vrai ! Je fixe ma moustiquaire à un clou planté dans le mur qui s’effrite, et m’assoupis chaque soir en contemplant à travers la fine maille la multitude d’étoiles qui scintillent dans le ciel, mon chèche ramassé en boule en guise d’oreiller…

Je passe mes journées dans cette chambre, cette antre, cette piole, appelez la comme bon vous semble. C’est à la fois mon bureau, ma salle à manger, mon salon. Je passe de longs moments à fixer son plafond de bois et de nattes. Mais mon moment favori reste tout de même celui où j’en quitte la lourde atmosphère pour aller me perdre en vagabondage dans les rues d’Iférouane !

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01 décembre 2006

Voyage en Algérie 2004 : mais c'est pas bientôt fini non??

Epilogue.

Toulouse, le 17 décembre 2004.

Cher M. De Saint Exupéry,

Voilà désormais un peu plus d’un mois que je suis revenue d’un voyage touristique autour de Tamanrasset, dans le Sahara algérien. J’ai été fascinée par la beauté de la Nature et suis tombée sous le charme mystérieux du Désert. J’y ai rencontré des fennecs, des gerboises, des vipères, et même un cotonnier, mais je suis au regret de vous annoncer qu’aucun d’entre eux n’a été en mesure de me renseigner au sujet de votre ami disparu.

Toutefois, j’ai vécu là-bas une expérience étrange et riche en émotion, notamment par la découverte d’une culture et d’un peuple étonnant. Au bout d’une longue réflexion issue de ces dix jours passés sur cette autre planète, j’en suis venue à la conclusion que votre ami n’est jamais parti de la Terre : bien plus que dans les étoiles, il vit en chacun de nous, et son histoire, votre histoire, est celle de tous ceux qui ont osé se perdre dans le Désert.

Consolez vous donc, le Désert offre l’éternité, et les étoiles, qui ont maintenant un sens à nos yeux, n’en finiront pas de briller.

Je finirai cette lettre à la manière des grandes personnes (qui méritent bien qu’on les plaigne car elles passent à côté de l’essentiel), en vous priant d’agréer de mes sentiments les meilleurs.

Anne Maillol.

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28 novembre 2006

Voyage en Algérie toussaint 2004 : suite et fin !

Je repasse sur ce blog et m'aperçois que jamais je n'avais terminé le récit de mon tout premier voyage outre Méditerranée, périple qui m'a fait découvrir le Sahara... Je me rattrape donc en vous présentant toutes mes excuses, cet épilogue... !

Le 1er novembre : Dernier jour.

Je ne voulais pas me lever. Rester couchée encore un moment sur la terre du désert, l’oreille collée au sol à écouter les bruit de pas résonner, les pas des autres qui s’activaient à ramasser toutes leurs affaires. Comme tous les matins en fait. Sauf que celui là était le dernier, et je ne dormirai plus sous les étoiles, je ne me laisserai plus réveiller par les rayons du Soleil, je ne sentirai plus ce sable sous ma main. Le Soleil cognant dur sur mes paupières closes m’obligea à finalement accepter ce dur état de fait : le jour du départ avait fini par se lever. Levant la tête, j’ai vu Aziz, qui revenait juste de réparer sa batterie, me saluer. J’étais vraiment la seule à traîner dans ce bivouac, et, en laissant mon regard parcourir le campement, je me suis aperçue que tous étaient presque prêts pour le petit déjeuner.

La journée fut tranquille. Les arrêts étaient longs, Fendek semblant vouloir prendre son temps. Ainsi, nous avons fait une halte gravure pour admirer une superbe girafe et un buffle qui se dessinaient au milieu d’un chaos de roches. Puis nous sommes allés visiter une guelta à proximité de Tamanrasset, nommée Imlaoulaoune, que Mohamed appelle « Tamanrasset beach » car beaucoup vienne s’y baigner, malgré les sables mouvants tapissant le fond et l’eau parasitée. Elle est creusée dans la roche et est constituée de trois bassins en escalier. Nous n’avons pu voir que le bassin inférieur, les deux autres étant trop hauts et inaccessibles sans risquer un plongeon dans le premier. Le charme du site était malheureusement gâché par de nombreux sacs poubelles et autres ordures abandonnées par des visiteurs.

Nous nous sommes arrêtés tard pour manger, à un endroit où Mohamed nous a dit avoir l’habitude de venir avec des amis, et tous les pauvres touristes étaient au bord de l’hypoglycémie. Ramadan, se sera pour l’an prochain ! J’étais crevée et bien peu motivée. Cet après-midi, nous allons aller à Tam où douche et shopping étaient programmés. Nous avons retraversé des plaines poussiéreuses, croisant un vol de criquets qui remontent vers le nord après avoir ravagé les pays plus au sud. Un est même rentré dans la voiture, attaquant Nicole qui se trouvait à l’arrière.

J’étais dans la voiture d’Aziz, qui se trouvait à la seconde place, juste derrière Fendek, comme à son habitude. A un moment, ce dernier a ralenti, lui faisant signe de passer et d’ouvrir ainsi la marche. Le voyant hésiter et prêt à se défiler, j’ai chauffé mes compagnons de voiture pour l’encourager à accepter l’invitation. Et ça a valu le coup ! Il nous a fait passer par une vieille piste à moitié écroulée et en sale état, se livrant à des prouesses de conduite. Nous n’avons jamais été autant secoué ! J’ai l’impression que Mohamed et Fendek ne semblent rater aucune occasion de tester Aziz. Il nous a bien mené au travers de la montagne, puis Fendek a repris les rênes jusqu’à Tamanrasset chez Mahmoud, un ami de Mohamed qui nous prêtait sa maison pour une douche et un thé. Au passage, nous avons laissé Miloud sur le lieu de notre tout premier bivouac, pour qu’il prépare le repas pour ce soir.

Mahmoud habite une belle maison qu’il loue à l’état, très claire et carrelée. Nous nous sommes installés sur les matelas posés dans le salon, sur lesquels reposaient de douillets coussins, en attendant notre tour pour investir la salle de bain. Il nous a même allumé la télévision (et sur M6 pour bien faire), chose qui, à ce que nous racontait Jean, est incontournable lorsqu’on est invité chez quelqu’un ici !

Ensuite, direction la ville pour marchander des bijoux, à la plus grande joie de ces messieurs ! Mais, encore une fois, je me suis sentie trop mal à l’aise. Pourtant, nous n’avons fait que traverser une rue pour aller s’enfermer chez un marchand ! Que des hommes dans les rues, beaucoup d’agitation, et une sale impression que tout le monde t’observe. Mohamed et Aziz restant distants, les autres occupés à leurs achats, je me sentais bien seule et vulnérable, avec une peur quasi panique qui me prenait au ventre et me paralysait. Je ne sais pas vraiment à quoi c’est dû, et c’est la première fois que je ressent ça en voyage. Je ne me suis en effet jamais sentie ainsi inhibée, même lorsque j’étais seule en Irlande. Ca m’a fichu un coup de blues qui m’a poursuivi toute la soirée.

Miloud nous avait préparé un vrai festin, et, pour l’occasion, touaregs et touristes se sont assis ensembles pour partager ce repas gargantuesque. Ils nous auront gâté jusqu’à la fin.

L’avion a eut deux heures de retard, mais je ne les ai pas vues passer, allant discuter avec l’un et l’autre, pour me retrouver au final entourée de Miloud, Mohamed et Aziz, tous beaux dans leurs habits traditionnels sortis à l’occasion de notre départ.

Et il a fallu se dire au revoir… Je me suis frotté une dernière fois les mains dans le chèche indigo d’Aziz afin d’en garder un peu la teinte sur ma peau. Tout comme elle, ma peine passera avec le temps, et il me faut quitter ce monde pour retourner parmi les miens, dans ma réalité.

C’en est fini de rêver.

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